Jour 11 – 50 nuances de défi pour l’Europe

Déjà le 11e jour du projet et l’heure est arrivée de vous raconter nos premières impressions ! C’est de Compiègne que nous rédigeons ces impressions, pour revenir sur dix jours d’action…

Depuis notre départ de Lille le 12 octobre, nous avons principalement agi par le mode d’action aléatoire de la discussion de rue. Notre dynamique est en train de se construire, seule une discussion publique (avec les membres d’une chorale) s’est organisée avec tableau blanc, prospectus d’information sur l’Europe, etc. Par ailleurs, nous avons expérimenté une première tentative de discussion en porte-à-porte à Zuytpeene (59) : peu concluant sur l’ensemble, et notre passage deux heures après des témoins de Jéhovah également en porte-à-porte ne nous a pas été très bénéfique ! Expérience à renouveler dans les semaines à venir. Pour l’heure, nous apprenons à améliorer encore notre approche de rue, dans les zones commerciales, ou encore sur les terrasses des bistrots (il y en a encore à cette période de l’année, comme à Gravelines !).

Il est intéressant d’observer les 50 nuances de défi européen : parmi les personnes avec qui nous échangeons, beaucoup ressentent une amertume envers l’UE. Et pourtant, quelle diversité d’opinions derrière ce scepticisme ! S’y retrouve en effet un spectre allant des nationalistes convaincus qui ne croient qu’à la France jusqu’aux pro-européens déçus par cette Union qu’ils ne considèrent pas suffisamment aboutie. Egalement, un certain nombre de nos interlocuteurs arborent sur leur visage désintérêt ou méfiance, un comportement sur la défensive, dès que nous évoquons notre projet. Nous prennent-ils pour des militants politiques et partisans en préparation pour 2017 ? Ont-ils peur que nous soyons des journalistes déguisés prêts à les piéger sur leurs déclarations ? Dans tous les cas, nous ne cessons de chercher à rencontrer tous les citoyens possible, ceux au regard défiant compris. Si nous n’allons pas au-delà de notre zone de confort lors de ce Tour de France, qui donc le fera alors qu’ils ne connaissent pas notre projet ?

L’une des observations que nous nous faisons le plus souvent : certaines personnes, beaucoup en réalité, n’ont de prime abord rien à exprimer sur les thèmes européens… Mais une fois lancées, il suffit d’évoquer un sujet qui les branche particulièrement, et il s’avère qu’elles en ont des choses à dire, beaucoup ! Il devient alors impressionnant de constater la facilité avec laquelle on apprend des personnes qui nous sont inconnues à partir du moment où elles acceptent de nous parler. Leur parcours de vie, leur philosophie d’aujourd’hui, leur histoire personnelle, tout cela entremêlé avec leur vision de l’Europe et leurs opinions sur les choses à y améliorer. Quel Tour humainement riche !

Il existe pourtant un challenge dans le succès de notre approche. Au démarrage de la discussion, il faut à la fois se montrer très ambitieux pour oser proposer de réinventer le monde (l’Europe, en l’occurrence) et rester suffisamment modeste pour ne pas effrayer ceux qui auraient l’impression qu’on les prend de court. En effet, être abordé-e dans la rue par deux jeunes qui vous demandent comment améliorer le continent européen, ça peut en déstabiliser plus d’un !

Deux priorités principales se dressent à quelques jours du départ de notre Tour des Hauts-de-France pour aller en Normandie :

L’envie des citoyens d’être plus informés sur l’actualité européenne (politique bruxelloise mais aussi actualité nationale des autres pays de l’UE), en créant par exemple une chaîne de télévision européenne (approfondir Euronews ?) ou encore une émission qui parle exclusivement d’actualité… d’un autre pays européen ;

Et la défiance souvent constatée envers la règle du pays d’origine sur le sujet des travailleurs détachés (1.5 million d’Européens concernés, sur 509 millions), où beaucoup d’interviewés mentionnent directement leur souhait d’une évolution vers la règle du pays d’accueil, à savoir où un travailleur basé dans un pays A et fournissant temporairement un service dans un pays B devrait respecter non seulement le salaire minimum et les congés du pays B (ce qui est déjà le cas) mais également ses règles en termes de cotisations sociales.

Seront-ce les mêmes priorités dans les autres Régions de France ? On vous le dira dans quelques semaines !

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